fév
2009
Présentation des voeux 2009
Madame, Mademoiselle, Monsieur, chers amis,
C’est pour moi, un plaisir toujours renouvelé de vous accueillir à l’occasion de cette cérémonie des Vœux. Ce rendez-vous traditionnel relève à mes yeux d’une importance particulière, non pas parce qu’il a lieu dans la salle des mariages mais parce qu’il fait partie de ces moments essentiels qui entretiennent la flamme de la convivialité. Et la convivialité est un élément indispensable.
Mais comment commencer mon propos sans penser au drame qui se déroule en ce moment même à Gaza. C’est à la population de Gaza que je pense.
Les combats qui opposent l’armée israélienne et le Hamas touchent des civils sans défense et creuse encore plus le fossé au Moyen Orient. Des raisonnements implacables s’affrontent depuis des décennies et s’enkystent dans la haine et la guerre, les larmes et le sang.
« Pour faire la paix, il faut être deux : soi-même et le voisin d’en face ». Cette règle de bon sens, établie par l’apôtre de la paix qu’était Aristide Briand, nous devons la porter à Gaza pour y obtenir une véritable trêve, ramener les deux parties à la retenue et au respect.
La communauté internationale doit exiger un cessez-le-feu immédiat. C’est sa responsabilité et celle de la France et de l’Europe qui doivent y prendre toute leur part.
Plus que jamais l’Europe doit jouer son rôle, d’abord pour la paix qu’elle a su créer sur le continent, mais aussi pour mettre en place un nouvel ordre mondial équilibré sur le plan économique, social et écologique.
L’année 2009 et les élections européennes sauront-elles répondre à cet espoir? Je le souhaite!
Une année prend fin, une autre commence… Avec l’espoir que cette année nouvelle soit, pour chacune et chacun d’entre vous ainsi que pour vos proches et ceux qui vous sont chers, plus belle et plus lumineuse que l’année passée.
Une année prend fin, une autre commence… Et c’est l’occasion de faire un bilan de l’année écoulée et, surtout, de se projeter dans celle à venir.
Que retenir de 2008 ? A Sartrouville, beaucoup. Mais avant d’y venir, permettez-moi d’avoir une vision plus générale.
Plus particulièrement, je souhaite revenir sur le dernier trimestre de 2008. Alors que depuis des mois, différentes crises (crise alimentaire, crise énergétique…) secouaient l’ordre mondial sans sembler l’ébranler, c’est une crise financière, sans précédent, qui l’a le plus affecté. Cette crise qui plonge beaucoup de nos concitoyens dans des difficultés accrues, et suscite chez toutes et tous de légitimes inquiétudes.
Cette crise, même si je ne veux pas adopter une vision pessimiste en appelle certainement d’autres, dans les domaines économique et social notamment.
Car 2008 restera dans l’histoire comme l’année où le monde est entré dans une période de crise et de mutations, comme nous n’en avions pas connu depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Les Cassandre ont fini par avoir raison mais bien plus qu’ils ne le pensaient.
Cette crise profonde que nous connaissons, c’est celle de « l’argent fou », d’un système incontrôlable et incontrôlé, c’est celle d’un capitalisme financier spéculateur, destructeur d’emplois, qui frappe de plein fouet l’économie et ne nous épargne pas. Nous n’en mesurons pas encore ni la durée, ni l’ampleur. Les secteurs du bâtiment, de l’automobile, des transports sont durement touchés.
En ce début d’année, nous sommes solidaires des salariés dont les emplois sont menacés, de ceux qui sont mis au chômage technique. Nous pensons à leur famille.
Mais cette crise peut aussi être une « chance », si elle est interprétée comme une invitation à transformer le système et non comme une simple défaillance. Elle peut être réellement une « chance », si elle permet de remettre le politique au-dessus de l’économique et de fonder une société où l’humain retrouverait toute sa place, si elle redonne pleinement à la puissance publique tout son rôle régulateur.
La première leçon, et la période qui vient de s’écouler le montre bien, c’est qu’il ne peut y avoir de développement et de protection des citoyens sans une puissance publique forte. A elle seule, la main invisible chère aux libéraux ne peut ni assurer la justice sociale ni, nous en avons la démonstration, le fonctionnement même de l’économie.
Pour produire de la richesse, mieux la répartir, innover, nous aurons besoin de nouvelles règles, de nouveaux outils, d’un nouvel équilibre public privé, bref d’une nouvelle régulation, et plus particulièrement pour ce qui nous concerne, à notre niveau continental qu’est l’Europe.
Seule l’Europe en effet dispose de la taille pour installer de nouvelles règles qui permettent de prendre en compte les femmes, les hommes et leur environnement dans les échanges, et imposer les règles dans les accords internationaux.
Nous pouvons tirer une deuxième grande leçon de la crise que nous traversons : le fossé ne cesse de se creuser entre les revenus du travail et ceux du capital, la pauvreté touche de plus en plus de travailleurs et mine en profondeur le système économique, en affaiblissant un de ses leviers qui est la consommation, artificiellement maintenue par le crédit. On ne l’a d’ailleurs pas assez souligné, c’est bien la crise du crédit à la consommation qui, aux Etats-Unis, a déclenché l’éclatement de la crise financière.
Nous ne pouvons accepter la politique de Nicolas Sarkozy et de son gouvernement en matière de gestion de la crise financière, pas plus que l’attitude équivoque d’un président comblant à grands coups de milliards les trous laissés par des dirigeants bancaires ou d’entreprises plus préoccupés de leur avenir personnel que celui de la population. Nous devons nous mobiliser pour le droit à l’emploi, à la santé et à un logement décent pour tous, pour une équitable répartition des richesses et une Europe sociale des peuples.
Comme disait Saint-Exupéry, « pour ce qui est de l’avenir, il ne s’agit pas seulement de le prévoir, mais de le rendre possible »
Ce début d’année 2009, dans la continuité d’ailleurs des derniers mois de l’année 2008, s’inscrit dans un contexte de crise et d’inquiétude. Même s’il y avait depuis plusieurs mois, voire depuis quelques années, un certain nombre de prémices, la crise financière a été un déclencheur d’une crise économique, d’une crise également psychologique faite de grandes interrogations sur l’avenir auxquelles on peut ajouter un état de crise écologique qui touche la pérennité de nos principales ressources, ainsi que les conséquences de notre développement sur l’état de notre planète.
Face à cela des réactions diverses et variées ont été constatées avec une interrogation majeure qui reste : Quel est notre avenir ? Quel est l’avenir de notre planète, celui de notre continent : l’Europe, celui de notre Pays, mais aussi celui de notre territoire ? Ayons l’humilité de reconnaître qu’il est bien difficile aujourd’hui pour qui que ce soit, y compris les meilleurs spécialistes ou considérés comme tels, de pouvoir répondre précisément à ces différentes questions.
Nous sommes dans une période de transition, au cours de laquelle il nous faut corriger les effets néfastes d’un développement qui s’est fourvoyé dans des excès inacceptables, qui a permis à quelques uns de dilapider le fruit du travail de production de la grande majorité. Il a aussi eu pour conséquence d’accentuer les inégalités à l’intérieur des pays y compris du nôtre mais aussi entre les pays, ce qui apporte aujourd’hui une fragilité supplémentaire à l’équilibre de nos sociétés. Un certain nombre ont cru que le marché et que l’ultra libéralisme étaient les uniques facteurs de développement et qu’il fallait déréguler au maximum pour leur laisser libre cours. Nous en constatons aujourd’hui les énormes dégâts. Alors maintenant les discours commencent à changer. Le rôle de l’Etat est fortement rappelé, la nécessité de réguler le marché, de refondre le capitalisme, deviennent des cadres de discours, de publications, de tribunes, et intègre presque la pensée dominante. Quel revirement en si peu de temps… !!
Mais sans vouloir polémiquer car ce n’est ni le moment, ni le lieu, ces nouvelles orientations si elles se confirment dans les prochains mois dans l’action politique, sont aux antipodes des actions de notre gouvernement depuis dix huit mois qui, en dehors de la démarche engagée dans le cadre de la loi sur le Grenelle de l’Environnement, se sont inscrites dans les notions de dérégulation et de renforcement d’un libéralisme qui créé et renforce les inégalités, que ce soit en matière économique ou de législation sociale.
Alors oui il faut souhaiter que nous puissions tirer très rapidement les leçons des crises diverses qui nous frappent pour faire évoluer notre modèle de développement afin d’en privilégier ce qui aurait dû toujours être le cas, le facteur humain, la dimension humaine au lieu de nous être laissé submerger par les seules puissances de l’argent.
Pour cela, il faut réhabiliter le rôle primordial de la puissance publique qui doit mettre en œuvre les moyens d’assurer un équilibre de notre développement, de privilégier la place de l’humain dans le système économique et d’intervenir autant que nécessaire dans la répartition équitable des richesses produites, de manière à garantir une vie sociale solidaire et équilibrée.
Alors dans cette morosité économique de fin d’année, un espoir est venu d’outre-Atlantique avec l’élection du nouveau Président des Etats Unis d’Amérique.
Cette élection représente un espoir car elle a été bâtie sur une volonté de rassemblement du Peuple américain.
Cette élection représente un espoir pour le Monde car elle porte en elle le changement.
Cette élection représente un espoir pour le Monde car nul n’a besoin de connaître la théorie de l’effet papillon pour comprendre qu’une décision prise dans le bureau ovale bouleverse des millions de destins.
Enfin, vue de France, cette élection est une espérance. Dans une société politique qui reste singulièrement figée, cette élection démontre que de nouvelles catégories de personnes peuvent faire de la politique et accéder aux responsabilités. Donner à nos assemblées représentatives le visage de la France, voilà un défi pour l’avenir de notre République !
Mais revenons à Sartrouville : 2008 a été l’année des élections municipales. Même si nous n’avons pas gagné, cette campagne a permis un large rassemblement de la gauche sur une liste que j’ai eu l’honneur et le plaisir de mener. Je voudrais ici remercier celles et ceux qui y ont cru jusqu’au bout, qui sans relâche ont presque jour et nuit, en tout cas chaque jour, chaque samedi, chaque dimanche réfléchi, écrit, tracté, distribué, arpenté les rues, les marchés, fait du porte à porte. Nous n’avons pas gagné mais nous avons formé une belle équipe, fait une belle campagne et de cela je les remercie.
2008 a aussi été une année de congrès pour notre Parti. Les débats ont été animés mais se sont toujours déroulés dans le respect. J’ai été reconduite pour 3 ans à la direction de notre section et je voudrais profiter de l’occasion qui m’est donnée aujourd’hui pour remercier ceux qui m’ont accompagnée, supportée, aidée lors de mon précédent mandat : Jacques Vitrac, mon secrétaire adjoint qui a toujours été là pour me seconder, me soutenir, me supporter aussi ! ensuite Jérôme Midan qui fût notre trésorier et s’est acquitté de sa tâche avec un grand sérieux, et puis bien sûr Jean, Gérard, Mado, Lyne, Jean-François et bien d’autres………
L’équipe a été renouvelée mais je suis sure de pouvoir compter sur chacune et chacun dans la tâche qui nous attend, et nous savons tous qu’il y a beaucoup à faire sur Sartrouville !
En tout premier lieu la fermeture décidée de façon arbitraire et unilatérale du CMS Maurice Berteaux. Près de 10 000 consultations en 2008 et des centaines de patients qui, du jour au lendemain, non seulement n’ont plus de médecin mais, en plus, ne peuvent même plus accéder à leur dossier médical. Nous soutenons les actions menées par l’association de défense et de promotion des Centres de santé, créée en 2003 lors de la première fermeture et « réactivée » face à cette nouvelle fermeture que le maire annonce comme définitive. Tous les membres de cette association et leurs amis, soutenus par la totalité des partis de gauche, font un travail extraordinaire pour informer la population, la presse, et obtenir la réouverture et le développement du centre Maurice Berteaux. Ils sont présents à la gare, sur les marchés, ils organisent des manifestations, envoient des courriers en préfecture ….. Ils ont initié une grande mobilisation et obtenu plus de 5 000 signatures demandant la réouverture du centre. Ils sont soutenus par un grand nombre de médecins et de pharmaciens. Nous continuerons notre participation à ce combat si important, nécessaire, voire indispensable pour beaucoup de nos concitoyens qui ne pourront plus se soigner, notamment en cette période de crise.
Nous combattrons pas à pas la politique libérale, injuste menée par le maire UMP de Sartrouville et en premier lieu son budget. Il choisit une période de crise pour augmenter les impôts : 7% d’augmentation des taux des taxes, c’est au minimum 10% de plus qu’en 2008 que chaque Sartrouvillois devra débourser en 2009. Mais dans le même temps, le maire s’octroie ainsi qu’à ses adjoints une augmentation de 12,30% de ses indemnités : lui, c’est sûr, n’aura pas de problèmes pour payer ses impôts !!
Sur ces dossier, comme sur bien d’autres, il est très important pour nous socialistes de travailler avec toutes les bonnes volontés pour faire vivre une alternative à la politique ultralibérale et conservatrice de Pierre Fond.
Chacun y a sa place pleine et entière et c’est la diversité et les débats qui font la richesse de la Gauche et du Parti socialiste et qui feront demain sa victoire.
Parlons de 2009.
2009 sera une année d’élections, et il va falloir s’y habituer, Comme 2010, 2011, 2012… Rassurez-vous, il devrait y avoir une pause en 2013.
Mais 2009 sera l’année des élections européennes. Je tiens à en parler parce que généralement ces élections sont délaissées par nos concitoyens. Et pourtant, la proportion du droit communautaire dans la production législative représente 60 à 70% des textes nouveaux adoptés par l’Assemblée nationale.
Après l’extraordinaire vitalité démocratique connue à l’occasion du référendum de mai 2005, il serait dommage de connaître à nouveau les affres de l’abstention.
Dans la lignée de mai 2005, et peu importe quelle qu’ait été notre position sur le Traité Constitutionnel, ces élections doivent être l’occasion de définir quel avenir nous voulons donner à l’œuvre que nous ont léguée les « pères fondateurs ». Ces élections de 2009 peuvent être l’occasion de construire une Europe vraiment démocratique, vraiment parlementaire et vraiment sociale.
Mesdames, Messieurs, cher amis,
L’année 2009 sera une année difficile. J’ai confiance en notre capacité de nous mobiliser ensemble pour y faire face.
Je souhaite, à chacune et chacun d’entre vous, une bonne et heureuse année 2009. Que vos projets soient couronnés de succès, que votre santé et celle de ceux qui vous sont proches vous permettre de profiter pleinement de la vie.
Bonne année à toutes et à tous.
Révelyne CHABRUN
Secrétaire de section PS Sartrouville

