Section de Sartrouville

Archives du mois de septembre 2008

23
sept
2008

« Si vous trouvez que la culture coûte trop cher, essayez l’ignorance ! »

Derek Bok, ancien président d’Harvard, rappelait que tout a un coût mais que certains secteurs doivent être l’objet de toutes les attentions des politiques : l’éducation et la culture.

A Sartrouville, dans le droit fil de la politique actuelle du gouvernement, la majorité UMP applique une politique minimaliste: les subventions aux associations ou organismes culturels sont gelées depuis 1995, ce qui a consisté à les diviser par deux compte tenu de l’inflation. C’est notamment le cas du Centre Dramatique National (Théâtre Jacques Brel) qui, pour respecter son cahier des charges, c’est-à-dire essentiellement la production de spectacles de théâtre, doit restreindre ses possibilités d’achats de spectacles coûteux.

Autre exemple, contrairement à ce qui est affiché dans les discours,  la Municipalité organise la stagnation de l’Ecole Municipale des Arts (EMA). Tout est fait pour que le nombre d’utilisateurs n’augmente pas : diminution des heures de cours dans les trois départements, nouveaux locaux des Arts Plastiques à Gagarine dimensionnés à minima, devant fonctionner sans personnel d’accueil, ni information auprès des futurs riverains. Aucun secrétariat n’est prévu dans les locaux de Gagarine, les élèves devront donc s’inscrire dans les locaux actuels et suivre des cours ailleurs.
Dans le même temps, le conseil municipal a voté des hausses de tarifs importantes pour les adhérents de l’EMA : +33% pour les frais d’inscription (de 9 à 12€), +6% environ (parfois plus) pour les activités de danse, musique et arts plastiques. Si la municipalité veut aligner les tarifs pour les non-Sartrouvillois sur ceux pratiqués dans les autres communes, pourquoi pas ? Mais pourquoi pénaliser les habitants de Sartrouville par des hausses de tarifs importantes? Cette année, le tarif trimestriel pour un élève qui suit un cours de formation musicale (cours collectif de solfège) et un cours d’instrument (cours individuel de 30mn pour les élèves de 1er cycle) est de 102 € par trimestre, sans qu’aucun tarif dégressif ne soit proposé en fonction des revenus de la famille, ou en fonction du nombre de personnes de la même famille inscrites à l’EMA. Les élus de la liste Agir pour Sartrouville ont voté contre ces hausses de tarifs et ont demandé que des tarifs dégressifs soient proposés par l’EMA  pour les familles ayant plusieurs enfants ou adultes fréquentant les cours de musique, arts plastiques ou danse. Compte tenu des tarifs actuellement pratiqués, peut-on dire que la culture est accessible à tous ?

Le Maire dit régulièrement que Sartrouville est une ville pauvre, elle est surtout dépourvue d’ambition, donc sans dynamisme et par voie de conséquence effectivement paupérisée économiquement. La culture en est un dramatique exemple : une médiathèque construite en S.C.I. (donc sans possibilité d’obtenir de subventions de la Région), coincée entre une agence immobilière et des appartements privés; la petite salle pour le théâtre, projet prioritaire du Ministère de la Culture en 2002, et financé essentiellement par l’Etat, attend toujours de voir le jour, ce qui aurait permis de réduire les coûts de fonctionnement de Jacques Brel et de libérer la salle Gérard Philippe pour les besoins d’autres utilisateurs (théâtre amateur, spectacles de danse, de musique, fêtes des différentes associations…) ; la rénovation de l’EMA (Musique et Danse) promise en 2000 verra peut-être le jour ….en 2014 ? ….et quand parlera-t-on d’un vrai projet de salle d’exposition dans les locaux de l’ancienne Eglise St Paul? Sans parler des arts du cirque totalement absents à Sartrouville, de l’absence de manifestations culturelles d’envergure qui permettent à Sartrouville d’être une ville connue et reconnue.
Un projet culturel ne se gère pas de la même façon qu’une opération de promotion immobilière !
Le problème du financement de la culture n’est pas nouveau et la volonté de limiter des éventuels gaspillages est légitime.  Mais comme le disait Victor Hugo, nous devons résister à ces bien maigres économies qui causeront de bien grands dégâts.

Sylvie Piéjus
, Conseiller Municipal

© 2010 Section de Sartrouville | Articles RSS et Commentaires (RSS)

Webmestre : Jean-François Vergé | Propulsé par Wordpress